Coordonnée par Muriel FRISCH, Directrice scientifique d’IDEKI
Professeure du Cnam titulaire de la Chaire « Gouvernance et ingénierie de l’information et des données ». Directrice de l’INTD
Laboratoire DICEN-IDF
Thématique : -membre principal « Data · Document · Médiation »
Avec la collaboration de Jean-Marc Paragot, Président de l’Association AM2IDEKI & les membres du réseau IDEKI
Quatre orientations de réflexion en tables rondes de 90 mn :
En croisant Recherche et Formation, Construction de dispositifs et Développement professionnel, nous maintenons notre dynamique de travail qui associe le professionnel, le praticien, le chercheur, le doctorant.
Comme à l’accoutumé, après un cycle de recherches, de formations en réflexivité, l’équipe permanente du réseau IDEKI[1] organise un évènement pour valoriser et partager quelques moments, traces, mises en forme du travail effectué.
Nos réflexions se situent dans la tradition d’un constructivisme épistémologique (rapport entre information-savoir et connaissance ; construction de savoirs ; construction didactique et de savoirs) et de la prise en compte des trajectoires singulières et des processus de formation et de recherche.
Nous allons réfléchir en « Tables Rondes » sur : les « Emergences, la transférabilité et l’opérationnalité ».
Le Travail est donc mené en interaction au sein de ce que nous nommons la « première Couronne » (en présentiel) et avec la « deuxième Couronne ».[2], en intelligence collective et aux croisements de disciplines scientifiques (SEF, SIC, Informatique) ; de champs de recherche (Didactique de l’information-documentation et autres formes de didactiques, clinique, développement professionnel) ; de pratiques ; de paradigmes distincts : « constructivisme épistémologique », « efficacité réflexive », « organisation des connaissances ; d’objets de recherche ; de réflexion et d’univers professionnels variés (métiers de l’information, de la documentation, de la communication, du soin, de la formation, de la médiation, de l’innovation) .
Nous pouvons investir le concept émergent « d’interaction didactique » qui consiste « à mettre en interaction des éléments constitutifs d’une matrice qui nous aide à construire, lire, observer ce qui « se joue » dans une activité professionnelle, une pratique professionnelle, un Faire… (Frisch, 2016).
Au fil des années, en tant que pilotes des recherches, des recherche-action-formation, des recherches collectives et collaboratives, nous avons bâti un cadre interdisciplinaire, notre propre architecture conceptuelle et organisé des liens, un dialogue entre des émergences.
Nous tenons à la prise en compte de la singularité et du travail collectif, et, à rester « en ouverture… ».
Nous allons présenter et discuter des formes concrètes de travaux qui ont investi, à un moment donné : une entrée, un modèle, une méthode, un concept au sein d’IDEKI et qui nous permettent de penser de l’étayage pour concevoir de la formation et de futures recherches à poursuivre en Emergences, et, peut-être à relier à des programmes existants ou à venir.
Depuis l’origine avec IDEKI nous travaillons en Emergences, en Cheminements, en Constructions de savoirs en nous attachant à rendre visibles des processus, de nouvelles idées, des connaissances sourcées et en respectant une déontologie et intégrité scientifique et professionnelles.
Le temps semble s’accélérer toujours plus, les paradigmes de la standardisation et de la consommation semblent avoir gagné. Tous nos environnements de travail ont été impactés par les développements des IA génératives et nous devons nous adapter en permanence.
Nous assistons « impuissants » à un phénomène récurent depuis la bibliothèque d’Alexandrie, celui de l’illusion que tout peut être rassemblé au même endroit. Et le problème actuel est que l’enjeu et l’objet du rassemblement n’est plus le savoir.
Au sein d’IDEKI, nous avons toujours pris en considération les évolutions technologiques : numériques, intellectuelles, mais aujourd’hui nous sommes à un moment très particulier de notre histoire, on veut tout faire simplement, rapidement, et, avec un seul outil ainsi réputé efficace.
Des pratiques, des méthodes, des techniques professionnelles, scientifiques, culturelles se perdent, la norme culturelle devient celle de l’utilisation à moindre coût.
Standardisation, simplification, rapidité, riment rarement avec spécification, contextualisation, spécificité.
Ce qui relève de la nuance, de l’implicite, de la négociation, des échanges, de l’écoute et de l’accompagnement et qui prend du temps paraît relégué au second plan.
Certaines structures passent plus de temps à contrôler, vérifier, superviser qu’à créer, élaborer, co-construire en fonction d’une culture commune, d’un référent commun, d’un projet partagé.
Les commentateurs, certains concepteurs et grands groupes font du bruit, orchestrent le bruit, « info-polluent », organisent l’infobésité, se souciant peu de la qualité des données proposée aux systèmes.
Les logiques sémantique, analytique, conceptuelle, de structuration ne prévalent plus. Nous nous posons de nouvelles questions : à l’heure des IA génératives comment articuler une logique de « mot-concept » et poursuivre l’organisation de formes de caractérisations qui y sont reliés ? Comment avancer avec ces révolutions technologiques et préserver l’intérêt d’un thesaurus émergent ? Allons-nous devoir intégrer l’IA générative à notre système ? Comment combiner nos savoirs en cours d’élaboration, nos connaissances (appropriées ou pas) à ces évolutions technologiques ?
Avec IDEKI nous avons continué à penser à partir de ce qui est fait, à un instant T, par l’analyse de l’existant au rythme de chacun tout en cherchant à le caractériser.
Nous avons continué à respecter l’auteur d’une trace (quel qu’il soit), à tenir compte de la traçabilité de la source avec un raisonnement contextualisé. Quid de la prise en compte de nos raisonnements et cheminements par la machine ? En tant qu’être singulier et dans nos métiers nous devons continuer à les penser, les rendre visibles, les exposer, les expliciter pour faire sens.
Nous avons donc depuis 2009, esquissé de nombreuses perspectives de mouvements de savoirs, produit des documents, des traces, nous pourrions dire de la « little datas ».
Comme le coquelicot, nous réapparaissons avec une forme de régularité, de manière authentique, bienveillante et intègre.
Les échanges des quatre tables rondes successives seront enregistrés puis disponibles à partir du site idéki.org et partageables.
Les questions au sein d’IDEKI :
– comment le travail au sein d’IDEKI dans une optique interdisciplinaire, multi référencée, complexe et pluricatégoriel contribue-t-il à faire dialoguer les savoirs et à produire de la vulgarisation scientifique ?
– comment les résultats produits en lien avec une recherche menée par un ou des membres du réseau IDEKI permettent-ils de faire évoluer des pratiques professionnelles ; voire des dispositifs dans des organisations ?
Si vous souhaitez contribuer à cette journée dans un esprit d’ouverture, d’intelligence collective vous pouvez contacter :
Pour faire connaissance avec le lieu :
https://www.abbaye-premontres.com/
[1] Information-Innovation-Didactiques-Documentation-Education-Knowledge-Ingénierie
[2] Dispositif élaboré par Paragot et Frisch permettant des jeux d’interactions et de participation en présentiel et en distanciel.
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