Culture informationnelle et culture documentaire

Auteur.e de la publication
Muriel Frisch

 

 

RESUME

Contexte d’émergence :

Le projet de recherche IDEKI qui privilégie l’étude des innovations en didactiques, des évolutions, des transformations professionnelles et scientifiques avec une attention particulière aux phénomènes d’écloserie. Une épistémologie constructiviste pour renforcer les pratiques professionnelles dans les métiers de l’humain. Des recherches organisées selon trois axes forts : didactique de l’Information-Documentation, didactique adaptée et inclusion et de façon plus générale didactiques, métiers de l’humain et intelligence collective.

« Culture informationnelle et culture documentaire »

L’entrée par la « culture de l’information », la « culture informationnelle » se fait parfois au prix de l’abandon d’une « culture documentaire, or l’éviction du « document » au profit de « l’information » peut sembler paradoxal (Chante, De Lavergne, 2010, p. 43)[1]. La culture informationnelle ne peut se faire au prix de la culture documentaire. Aujourd’hui dans notre société tout fait trace, et les traces sont l’indice de l’activité humaine. Le document inscrit des traces de l’activité (Roger T Pedeauque, 2006)[2]. La nature des documents a évolué. On parle de documents numériques. Avec le développement de standards type XML, le document est de plus en plus perçu comme un objet dynamique et évolutif. En tant qu’objet complexe une cohérence de construction doit être maintenue (Lainé-Crusel, 2004)[3]. Les documents ont une valeur de preuve et doivent être authentifiés, alors que les ressources sont des informations construites dans une logique de médiation et d’usage. Leur fonction est d’être utile et de rendre des services.

L’activité de Documentation ou Information-Documentation perdure et les savoirs et les connaissances qui lui sont associés également. Les notions de citation, de référencement, de preuve, d’investigation, de contextualisation restent importantes, sinon plus dans un contexte d’« info-diversité ». La pratique enseignante et le qualificatif « documentaire » contribuent à garantir une composition d’une unité signifiante, une construction intellectuelle.

Dans l’activité complexe Information-Documentation, l’apprenant ne se contente pas de s’informer au sens d’avoir accès à une information, il apprend à utiliser un ensemble varié de médias, à construire un raisonnement, à se documenter quelle que soit la nature du support, à transformer une donnée en une connaissance appropriée. La construction d’une culture documentaire est complémentaire à celle de la culture informationnelle. L’Information-Documentation doit stabiliser sa didactique dans un contexte de convergence entre des domaines voisins et distincts : informatique et IA, médias, information, communication, numérique.

 

Bibliographie sélective :

FRISCH, M. (2020). Didactique de l’Information-Documentation et développement d’une posture de recherche dans les métiers de l’humain et en intelligence collective… Paris : L’Harmattan, 526p. Préface de Richard Wittorski.

FRISCH, M. (2016). Emergences en didactiques pour les métiers de l’humain. Paris : L’Harmattan.

 

Notes.

[1] Chante, Alain, De Lavergne, Catherine. (2010). L’expression « culture de l’information » : quelle pertinence, quels enjeux ? In CHAPRON, Françoise et DELAMOTTE, Eric (Dir.). L’éducation à la culture informationnelle. Villeurbanne : Presses de l’ENSSIB, p. 40-49. Préface Annette Beguin-Verbrugge.

[2] Roger T. Pedauque. (2006). « Document et modernités ». Disponible à l’adresse http://hal.inria.fr/docs/00/06/28/26/PDF/Pedauque3-V4.pdf

[3] Laine-Cruzel, Sylvie. (2004). « Documents, ressources, données : les avatars de l’information numérique », Information-Interaction-Intelligence, vol.4, n°1, p. 105-119.