Auteur.e de la publication
Muriel Frisch

 

 

RESUME

Contexte d’émergence :

Le projet de recherche IDEKI qui privilégie l’étude des innovations en didactiques, des évolutions, des transformations professionnelles et scientifiques avec une attention particulière aux phénomènes d’écloserie. Une épistémologie constructiviste pour renforcer les pratiques professionnelles dans les métiers de l’humain. Des recherches organisées selon trois axes forts : didactique de l’Information-Documentation, didactique adaptée et inclusion et de façon plus générale didactiques, métiers de l’humain et intelligence collective.

 

A l’intersection des sciences de l’Information et de la Communication et des sciences de l’Éducation et de la Formation, nous nous focalisons sur les communautés de pratiques et ce qui constitue des formes d’intelligence collective. Cette dernière peut désigner l’intelligence des groupes de travail (Levy, 1997)[1] ; les capacités cognitives d’une communauté résultant des interactions multiples entre les membres (Rogalski, 2005)[2] ; une démarche pouvant consister en une contribution à l’organisation de connaissances, la construction de savoirs et de compétences (Frisch, 2014)[3]. Elle est aussi définie par les psychologues sociaux comme pouvant être « un bonus d’assemblée », c’est-à-dire que le fait d’être à plusieurs pour réfléchir, raisonner, résoudre un problème, décider peut-être un avantage pour la qualité de ce qui est produit. À condition de dépasser plusieurs obstacles qui peuvent atténuer l’intelligence d’un groupe : le biais de conformité qui pousse à adopter le point de vue de la majorité, le manque de partage des informations qu’on est seul à posséder, le biais de confirmation qui nous amène à sélectionner parmi les informations et arguments échangés ceux qui confortent et confirment notre point de vue (Oberlé, 2016)[4].

Les démarches collectives coopératives favorisent la capitalisation de connaissances, le travail collaboratif « ne signifiant pas uniquement « travailler ensemble ». Il implique une plus grande synchronisation des tâches, une meilleure mutualisation des documents, une amélioration du contact entre personnes concernées par une même tâche ou un même projet, une qualité accrue de la production par la multiplication des regards, une dynamique de créativité […] Le travail collaboratif n’est pas la capitalisation des connaissances, mais il peut contribuer à fertiliser le terrain en favorisant l’échange informel et en permettant un accès organisé à des ressources documentaires» (Battisti, 2008)[5]. Il y a un enjeu de repérage critique également de ce qui est devenu obsolète ou qui peut être utilisé en subissant des transformations.

Le travail collectif est donc producteur de savoirs, à certaines conditions, il peut nous amener à poser un regard pluriel, multi-référencé sur une thématique, un objet, une activité, une pratique.

 L’intelligence collective peut se définir par la capacité à unir les intelligences et les connaissances des différents acteurs pour atteindre un objectif ainsi que la capacité d’un collectif à se poser des questions et à chercher des réponses ensemble.

Elle est toujours difficile à mettre en œuvre dans une organisation.

Christine Thomassin[6] par exemple dans le colloque organisé par le réseau IDEKI[7] évoque : la résistance au changement, l’individualisme, le temps consacré à certaines actions sans rémunération qui représentent un « réel frein » au travail au « partage professionnel ».

Le travail collectif est corrélé aux transformations des pratiques professionnelles.

 

 

[1] Levy, Pierre. (1997). L’intelligence collective : pour une anthropologie du cyberspace. Paris : La Découverte, 197 p.

[2] Rogalski, Janine.  (2005). Le travail coopératif dans la résolution des tâches collectives. In Lautrey, J., Richard, J.-F., Traité des sciences cognitives : l’intelligence. Paris : Hermès, p. 147-159.

[3] Frisch, Muriel (Dir.). (2014). Conclusion In Le réseau IDEKI. Objets de recherche d’éducation et de formation émergeants, problématisés, mis en tension, réélaborés. ». Paris : L’Harmattan, 389 p.

[4] Oberle, Dominique. (2016). « Bien raisonner ensemble s’apprend », Cerveau&Psycho, n°78, p. 44-47.

[5] Battisti, Michèle. (2008). De la production collaborative à la capitalisation des connaissances. Journée d’étude, du 13 mars. Documentaliste-Sciences de l’information, 2/Vol. 45. Disponible à l’adresse : http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2008-2-page-4.htm. (Consulté le 8 avril 2013).

[6] Christine Thomassin. (2021). « Projet(s) innovants et travail collectif des enseignants : vers des apprentissages professionnels au sein de l’établissement scolaire (Principale de collège et doctorante au CIRNEF à l’université de Rouen Normandie). pp. 67-77, in Frisch, M. et V. Pfeffer-Meyer (Dirs). Rapports aux savoirs, intelligence collective et professionnalisation. Paris : l’Harmattan.

 

[7] https://www.editions-harmattan.fr/livre-rapports_aux_savoirs_intelligence_collective_et_professionnalisation_muriel_frisch_victoria_pfeffer_meyer-9782343249360-71812.html